maîtriser ses émotions

Apprendre à gérer nos émotions avec la sophrologie

« Je me mets facilement et souvent en colère », «Je pleure pour un rien », « J’ai peur de tout », « Je pars au quart de tour »… Quand les émotions débordent et que nous ne contrôlons plus rien, la sophrologie peut être un moyen de reprendre le contrôle. Pour aborder ce sujet, je reçois Anne-Maëlle Dorel, sophrologue à Rennes.

Qu’est-ce qu’une émotion ?

Avant de chercher à gérer nos émotions, il est important de comprendre ce que c’est et à quoi ça sert.

Le mot émotion vient du latin « emovere », « movere » signifiant « en mouvement, et « e » signifiant vers l’extérieur. Ainsi une émotion est ce qui nous met en mouvement, ce qui nous pousse à faire quelque chose.

Il existe 6 émotions de base : la colère, la tristesse, le dégoût, la peur, la joie, la surprise. Ces émotions primaires sont innées et se déclenchent de manière complètement inconsciente. Elles nous permettent d’agir face à une situation d’urgence, et donc de nous protéger. Par exemple la peur permet de fuir face au danger, le dégoût permet de ne pas manger quelque chose de nuisible à notre organisme, la colère nous donne l’énergie nécessaire pour franchir un obstacle. La surprise permet de mettre tous nos sens en éveil pour réagir face à une situation inconnue.

Les émotions de joie et de tristesse ont des fonctions plus sociales, elles permettent respectivement de mieux s’intégrer à un groupe (l’être humain est un être social et ne peut vivre seul) et d’attirer l’attention du groupe pour être réintégré à celui-ci.

Les émotions sont de véritables outils de communication.

C’est un véritable langage du corps, où que nous nous trouvions sur la planète, même dans les tribus primaires, les émotions de base s’expriment physiquement de la même manière. D’ailleurs, les personnes souffrant de troubles du système émotionnel comme les autistes ou les schizophrènes présentent de sérieux problèmes de communication. Ils ne savent ni repérer leurs propres émotions (et donc ne peuvent pas les calmer par le système de la pensée), ni détecter les émotions des autres et donc ne peuvent s’harmoniser avec eux. En résulte un comportement totalement inadapté à la situation vécue.

 Comment se crée une émotion ?

Les émotions prennent forme au niveau de notre système limbique au centre du cerveau. Nos organes des sens (yeux, bouche, peau, oreilles, nez) perçoivent et envoient les informations au thalamus qui trie les informations et les redistribue. Le thalamus envoie l’information vers une amygdale proche de l’hippocampe la zone de notre mémoire. C’est ici que nos émotions prennent naissance. Les informations sont ensuite envoyées vers l’hypothalamus qui contrôle le système nerveux autonome : le système qui gère la respiration, le rythme cardiaque, les sécrétions hormonales… L’hypothalamus répercute donc les effets de l’émotion créée dans notre cerveau sur le reste du corps. Selon l’émotion ressentie, la chaleur augmente, la respiration s’accélère, des hormones sont sécrétées… Et nous ressentons alors les émotions dans notre corps par ces différents symptômes.

Les émotions et la mémoire sont très liés. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est plus facile de se souvenir d’un événement à forte émotion (ex : que faisiez-vous le jour des attentats du 13 Novembre, ou du 11 Septembre) plutôt que ce que vous avez mangé jeudi midi il y a 3 semaines.

Une émotion dure très peu de temps. Le système émotionnel se régule de lui-même. Lorsque vous ressentez de la peur, une fois le danger éloigné / identifié, l’information est envoyée dans le cortex préfrontal (celui de la réflexion) qui calme alors le rythme respiratoire et cardiaque entre autres.

Qu’est ce qui alimente nos émotions ?

Notre système de pensée

Lorsqu’une émotion nait, elle entraîne des réactions physiques puis mentales. Ainsi lorsque nous vivons une émotion, en tant qu’être humain doté d’une conscience et de la pensée, notre mental réagit. Ce mental réagit par la production de pensées positives et / ou négatives. Ces pensées alimentent nos émotions. Par exemple si nous savons qu’un événement important va bientôt arriver, nous allons ressentir du stress ou de l’anxiété parce que nous avons peur d’échouer. Nos pensées anxieuses  alimentent notre peur d’échouer.

Tel de l’huile sur le feu, notre pensée alimente notre émotion. Ni nous cessons de jeter de l’huile sur le feu, et donc si nous apprenons à canaliser notre pensée, nous apprenons déjà à calmer l’émotion et donc notre réaction.

Notre grille de perception

En fonction de notre histoire, de notre éducation, de notre culture, de nos valeurs, nous avons élaboré nos propres grilles de perception qui nous permettent de qualifier un événement d’agréable ou de désagréable.

Ainsi un enfant qui reçoit une note de 8/10 et qui aura appris que ce n’était pas suffisant pour ses parents sera triste de sa note alors qu’un autre sera heureux. Notre réaction est donc liée à notre subjectivité en tant qu’individu.

Nos besoins personnels

Nous avons des besoins fondamentaux et universels comme ceux de boire, de manger, de s’habiller, d’être logé, d’être en sécurité…, un besoin de sens, d’harmonie, de liberté… Et des besoins plus subjectifs propres à chacun que l’on peut appeler nos valeurs.

Si ces besoins ne sont pas comblés, ils génèrent des émotions. Ainsi nos émotions nous aident à identifier nos besoins pour pouvoir y répondre.

Par exemple la peur exprime un besoin de sécurité. La colère un besoin que la situation change, la tristesse exprime le besoin de réconfort. La joie exprime un besoin de partage. Le dégoût exprime le besoin de s’éloigner de sa source.

Comment la sophrologie peut-elle nous aider à gérer nos émotions ?

  • Apprendre à lâcher prise. La sophrologie nous permet de changer de point de vue par rapport à un événement et ainsi de pouvoir lâcher prise. Dans certaines cultures la mort est un moment joyeux, alors que dans la nôtre c’est un moment empreint de tristesse. Si nous arrivons à changer notre point de vue sur les événements, alors nous pouvons lâcher prise sur ce qui arrive et ne pas laisser un trop plein d’émotions nous envahir.
  • Apprendre à repérer nos émotions. Par un retour aux sensations corporelles, nous pouvons plus facilement apprendre à identifier nos émotions et à mettre des mots dessus. Si nous les comprenons mieux nous pouvons alors plus facilement changer notre réaction. Par exemple si nous prenons le temps d’explorer les sensations en lien avec nos émotions, lorsque nous sentons de la chaleur, de la crispation, que nous bouillons de l’intérieur, nous pouvons adapter notre réaction et peut être répondre à cette colère avec moins d’intensité.
  • Apprendre à repérer nos pensées. Si nous apprenons à repérer nos schémas de pensée, nous pouvons revenir plus facilement vers l’instant présent. En se plaçant comme observateur des phénomènes du corps et du mental, nous pouvons revenir vers l’instant présent, nous pouvons apprendre à laisser nos pensées négatives ne pas nous envahir.
  • Travailler sur nos valeurs. Apprendre à se connaitre d’avantage pour pouvoir combler ses besoins.

Les émotions sont donc ces phénomènes innés et inconscients qui surviennent face à un événement. Ils sont nécessaires pour répondre à nos besoins fondamentaux et plus subjectifs. Il existe pour autant des leviers sur lesquels nous pouvons agir pour ne plus en être esclave. La sophrologie est une méthode complète qui nous permet d’agir sur ces différents leviers en apprenant à repérer nos besoins fondamentaux, nos schémas de pensées, à comprendre notre propre fonctionnement pour vivre plus librement.

Auteur de l’article : aurelie

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