La maladie de Verneuil (ou hidradénite suppurée) : Qu’est ce que c’est ?

La maladie de Verneuil est une affection cutanée chronique rare inflammatoire. Elle est caractérisée par la survenue de nodules cutanés douloureux, situés principalement aux aisselles, à l’aine et aux fesses.

Une pathologie méconnue

La maladie de Verneuil, appelée également hidradénite ou hidrosadénite suppurée, est une maladie chronique qui se manifeste par poussées. Il s’agit d’une atteinte des follicules pilo-sébacés des zones cutanées où se trouvent des glandes sudorales apocrines (glandes produisant la sueur). L’occlusion du follicule pileux entraîne une inflammation de la peau et, par la suite, des glandes apocrines. Il semblerait qu’un déficit en peptides antimicrobiens de la racine des poils expliquerait cette affection. Par contre, le fait que certains poils soient atteints et d’autres non est encore inconnu.

Quelles sont les personnes à risques ? Quelle prévalence ?

La maladie de Verneuil, qualifiée de rare, est pourtant répandue puisqu’elle touche 1 % de la population. Certaines personnes ont davantage de risques d’en être atteintes :

  • les personnes dont un membre de la famille souffre de cette maladie car elle possède un caractère génétique (35 % sont de formes familiales) ;
  • les femmes sont 3 fois plus atteintes par cette maladie que les hommes et leurs cas sont plus graves ;
  • les jeunes adultes puisque la maladie commence, le plus souvent, entre 20 et 30 ans.

En outre, certains facteurs favorisent cette affection, l’obésité et le tabagisme notamment.
La maladie de Verneuil peut également être liée à la maladie de Crohn (maladie chronique de l’intestin), à un type d’acné grave (acné conglobata) ou encore à une inflammation des articulations.

Reconnaître les symptômes

La maladie de Verneuil se caractérise, à son début, par :

  • des abcès ;
  • des nodules sous-cutanés douloureux ;
  • des démangeaisons liées à ces lésions.

Ces lésions font leur apparition dans les endroits du corps où siègent des glandes apocrines : aisselles, aine, anus, intérieur des cuisses…

Cette maladie évolue par poussées inflammatoires. Les abcès peuvent être nombreux et récidivants, avec fistules et cicatrices, à un stade plus avancé de la maladie. Au 3ème et dernier stade, apparaissent, sous la peau, des galeries purulentes. Fort heureusement, toutes les personnes atteintes ne parviennent pas à une forme grave de la maladie. Celle–ci concerne 5 % des cas, tandis que les formes légères représentent 60 % des cas. Néanmoins, la maladie de Verneuil, même sous une forme légère, est extrêmement douloureuse et handicapante socialement. En effet, les lésions atteignant principalement des zones dédiées à la sexualité, la vie intime en est fortement impactée. De plus, les cicatrices, dues aux abcès récidivants, peuvent générer d’importants complexes.

Bonne nouvelle pour les personnes atteintes de cette affection : elle cesse, de façon spontanée et imprévisible, un beau jour. Chez les femmes, c’est souvent le cas au moment de la ménopause.

Quel diagnostic et quels traitements possibles ?

Un examen clinique pose le diagnostic de la maladie de Verneuil.
Cette affection ne se guérit pas mais il est possible d’en réduire les symptômes. Le traitement dépend de l’évolution de la maladie. La prise en charge de la douleur est toujours liée au traitement.

Antibiothérapie

L’antibiothérapie sur le long terme est le meilleur traitement de cette affection. Actuellement, la pluralité des microbes mis en cause dans les poussées sont mieux connus d’où l’utilisation d’associations antibiotiques plus performantes. L’antibiothérapie permet, chez certaines malades, d’enrayer les poussées, il s’agit alors d’une rémission.

Chirurgie

Dans les cas graves, la chirurgie est le meilleur traitement de cette affection. Elle consiste à l’ablation des lésions non guérissables par traitement médical.

Biothérapie

La biothérapie thérapeutique, fondée sur l’utilisation d’organismes vivants et de substances ponctionnées sur des organismes vivants, est destinée à des formes spécifiques de la maladie de Verneuil.
La perte de poids, si obésité, et le sevrage tabagique sont préconisés car ils réduisent l’importance et le nombre de récidives de la maladie de Verneuil.

Apprendre à vivre avec

Les formes sévères de la maladie de Verneuil jouent un rôle important sur la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes. En effet, durant les épisodes de surinfection, les lésions peuvent fortement entraver la vie sociale des malades car les patients craignent de salir leurs vêtements et appréhendent l’odeur due aux écoulements. C’est pourquoi, un arrêt de travail est généralement proposé durant cette période difficile.
D’autre part, un soutien psychologique peut s’avérer bénéfique car cette maladie peut entraîner une dépression.

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