Dermatillomanie ou le trouble de l’excoriation : Toc méconnu

dermatillomanie

La dermatillomanie est un trouble obsessionnel compulsif caractérisé par le fait de se curer la peau (main, cuir chevelu…) de manière nuisible. Mais quelles sont les origines et quels sont les signaux d’alerte ? Comment la dermatillomanie est-elle diagnostiquée ? Quel type de traitement existe-t-il pour la soigner ?

Qu’est-ce que la dermatillomanie ?

Le trouble d’excoriation ou dermatillomanie, quésaco ? Alors Jamy, la dermatillomanie c’est l’impossibilité à résister à l’impulsion de vérifier, se triturer ou de se gratter les imperfections réelles ou perçues de la peau (comme l’acné, les croûtes, les plaies ou encore les cicatrices)… Il s’agit en fait d’un TOC (trouble obsessionnel compulsif) et certains experts le conçoivent même comme une dépendance. On estime qu’il toucherait environ 9% de la population et que même si les deux sexes seraient concernés, la dermatillomanie concernerait davantage les femmes.

Ce trouble consiste à se triturer et se gratter la peau de manière excessive et répétée, ce qui peut induire des lésions auto-entretenues », définit un spécialiste de la dermatillomanie. Cette maladie psychiatrique est reconnue comme un TOC, un trouble obsessionnel compulsif, depuis 2013 par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Elle est répertoriée dans la famille des comportements répétitifs centrés sur le corps (CRCC), au même titre que la trichotillomanie, l’arrachage compulsif des cheveux. Bien que désormais recensée, cette pathologie reste très méconnue et donc, très peu soignée. Nous avons cherché à comprendre pourquoi, grâce aux témoignages de ceux qui en souffrent ou en ont souffert, et aux analyses de professionnels de la santé. Les malades ignorent leur souffrance causée par un trouble psychique. 

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trichotillomanie

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Quels sont les symptômes de ce trouble d’excoriation ?

On vous le disait, la dermatillomanie se caractérise par le grattage impulsif, excessif et répété de la peau, entraînant des plaies et des lésions. Très souvent associée à des troubles nerveux, anxieux ou à la dépression, elle se manifeste sous forme de crises pouvant durer de plusieurs minutes à plusieurs heures. La plupart du temps, les zones concernées sont le visage, le cou, la nuque, le cuir chevelu ou la poitrine. Elles peuvent également concerner les épaules, le ventre, le pubis ou les jambes.

Pendant la crise, la personne atteinte va ressentir un certain soulagement. À l’issue de sa crise en revanche, elle risque d’être prise de honte et de culpabilité et d’essayer de camoufler les dégâts avec du maquillage ou un vêtement. Déprimée, elle peut également esquiver certaines activités ou situations sociales en raison de l’état de sa peau. Toutefois, il ne faut pas confondre la dermatillomanie avec un comportement d’automutilation (blessures et dommages physiques directs, avec ou sans intention suicidaire). Le but de la personne atteinte de dermatillomanie n’étant pas de se causer de la douleur. À ne pas confondre non plus avec une obsession du corps, qui repose sur un complexe exagéré que le patient en question va passer son temps à camoufler. Au programme : nez jugé trop grand, acné… Maquillage, vêtement, accessoire, tous les moyens seront permis pour le cacher, le modifier.

comportement d automutilation 1

Comment traiter ce TOC ?

Plusieurs traitements peuvent être envisagés. Primo, un traitement dermatologique pour guérir les plaies cutanées de la personne atteinte de dermatillomanie. Deuxièmement, une thérapie avec un psychologue pourra être envisagée pour que le patient puisse comprendre les déclencheurs physiques et émotionnels de ce TOC. Des traitements pharmacologiques basés sur les antidépresseurs et un suivi psychiatrique pourront également être envisagés selon le profil du patient.

Des professionnels se trouvent mal à l’aise vis-à-vis de cette pathologie. Certains dermatologues parviennent toutefois à déceler la dermatillomanie chez leurs patients. C’est le cas spécifique d’un adepte de psychodermatologie, une approche traitant des relations entre dermatologie et psychiatrie. Il reçoit régulièrement en consultation des patients atteints de ce TOC. Le diagnostic est assez facile car on voit des lésions auto-induites, par grattage, frottement, pincement ou à l’aide de petits instruments. Pour lui, dans une relation de confiance, il suffit de demander aux patients comment les lésions ont été créées. Ensuite, nous essayons de les aider à comprendre qu’il s’agit d’un problème pathologique, s’ils n’ont pas pu faire ce chemin eux-mêmes, puis à mettre un nom sur ce problème.

Pour les spécialistes, il est moins question de méconnaissance que de gêne vis-à-vis de la maladie. La dermatillomanie est évitée par les professionnels de santé parce que les dermatologues, psychiatres ou psychologues se sentent mal à l’aise vis-à-vis d’une pathologie qu’ils ne savent qu’à moitié prendre en charge. Selon ces mêmes spécialistes, le diagnostic est facile du côté dermatologique mais la prise en charge plus laborieuse. Pour les psys, c’est l’inverse car il est compliqué de poser un diagnostic dermatologique.

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