Depuis quelques années, le ballon gastrique est présenté comme l’une des principales solutions dans le traitement de l’obésité et de la surcharge morbide. En dépit de son apparente efficacité, ce traitement soulève de très nombreuses interrogations. Les plus courantes sont celles relatives à son fonctionnement ainsi qu’aux personnes à qui elle est destinée. Alors, quand recourir au traitement par le ballon gastrique ?
Le ballon gastrique : qu’est-ce que c’est ?
Avant d’aborder les raisons pour lesquelles vous pourriez avoir recours à ce traitement, il serait pertinent de faire un léger rappel de ce dont il s’agit réellement. Le ballon gastrique est comme son nom l’indique un ballon placé dans l’estomac pour en occuper une partie et provoquer un sentiment de satiété. Ce traitement est régulièrement prescrit dans le traitement sans chirurgie de l’obésité.
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De façon caricaturale, ce ballon occupe une partie de l’estomac afin de réduire le volume de nourriture traité. Cela favorise le ralentissement du transit des aliments et par ricochet, une perte de poids par satiété. Tout ceci repose sur un postulat somme toute assez simple. En réduisant la faim du patient, on réduit sa consommation d’aliment et son poids par la même occasion.
Cela dit, il existe de nombreux types de ballon gastrique utilisés lors de ces procédures. Les plus répandus sont les ballons en polyuréthane et les ballons en silicone souple. Les premiers sont mis en place par la bouche et peuvent tenir entre 4 et 6 mois. Les seconds quant à eux disposent de certaines propriétés qui leur permettent de tenir une année. Pour se faire poser l’un de ces ballons, il suffit de se rendre dans une clinique spécialisée comme celle du site Ballon-gastrique.com afin de bénéficier d’un accompagnement personnalisé.
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Dans quel cas avoir recours à un ballon gastrique ?
De façon générale, le ballon gastrique est recommandé dans le traitement de l’obésité. Il est tout particulièrement indiqué aux patients ne désirant pas ou ne pouvant pas recourir à la chirurgie. Il s’agit des personnes en surcharge pondérale, en situation d’obésité, en obésité morbide ou en super obésité.
La situation d’obésité
Est dite en situation d’obésité, toute personne dont l’Indice de Masse corporelle (IMC) se situe entre 30 et 39 kg/m². Pour rappel, cet indice est le rapport entre la taille et le poids d’une personne. Pour l’obtenir, il suffit de diviser le poids du corps par la taille mesurée au mètre carré. Le traitement par ballon gastrique peut s’appliquer à toutes les personnes ayant une IMC se situant dans cette fourchette. Toutefois, il est important de souligner qu’il ne s’agit pas du traitement par excellence.
Bien souvent, pour une surcharge pondérale (IMC entre 25 et 30 kg/m²), le ballon est un traitement adapté. En revanche, il ne l’est pas pour une obésité morbide (plus de 40 kg/m²) qui nécessite idéalement une intervention chirurgicale. La chirurgie représente la solution par excellence lorsque le patient a une IMC supérieure à 35 et présente des risques de comorbidités. Il peut s’agir de diabète de type 2, de SAS ou d’arthrose invalidante.
Le ballon gastrique n’intervient que si le patient en fait la demande ou refuse la chirurgie bariatrique. Dans ce cas, il en fait la demande chez son médecin qui se chargera d’effectuer la pose et de mettre en place le dispositif qui l’entoure (suivi physique et alimentaire).
La situation de super obésité
Comme précédemment évoqué, le ballon gastrique est recommandé pour les personnes qui ne peuvent ou ne désirent pas se faire opérer. C’est donc aussi le cas des personnes en situation de super obésité. Pour rappel, une personne est dite super obèse lorsque son indice de masse corporelle (IMC) est supérieur ou égal à 50 kg/m².
Cela dit, il est important de faire à ce niveau une petite nuance. La super obésité est une situation exceptionnelle. En règle générale, les médecins préfèrent éviter la chirurgie bariatrique classique en raison de la masse musculaire. Bien souvent, ils préfèrent recourir à des solutions moins « risquée » comme la gastrectomie longitudinale.
Pour les patients ne désirant pas adopter cette méthode, il reste l’option du ballon gastrique. Bien que son efficacité soit limitée, elle peut dans une certaine mesure, entamer un processus de réduction de la consommation en vue d’une chirurgie plus conventionnelle.

La pose du ballon gastrique
La pose du ballon gastrique est une opération relativement simple qui nécessite néanmoins la main experte d’un spécialiste. Pour le ballon en polyuréthane, le patient devra avaler une capsule reliée à un tuyau. Dans l’estomac, la capsule fondra pour laisser place à un ballon qui sera rempli de sérum physiologique à travers le tuyau. La quantité de sérum sera définie par le médecin. Il s’agit là d’une solution relativement simple et conseillée pour les patients en situation d’obésité moyenne.
Pour le ballon en silicone par contre, il faudra insérer un ballon dégonflé par la bouche du patient. Le plus souvent, cette opération est réalisée sous anesthésie générale. Le ballon est ensuite rempli avec un sérum physiologique bleu. La couleur est une précaution qui indique d’éventuels dégâts. En cas de détérioration, le liquide se mélange à l’urine qui devient verte. Cela dit, ce type de ballon n’est efficace que sur une année. Sur une plus longue durée, l’estomac s’habitue à sa présence. Son efficacité s’en trouve largement réduite.
Quelle prise en charge après le traitement ?
Le traitement de l’obésité par le ballon gastrique passe non seulement par la pose du ballon, mais aussi la mise en place d’une prise en charge. Cela permet d’optimiser le traitement pour perdre en 3 à 20 kg selon la méthode adoptée.
Cela est d’autant plus important quand on sait que chez certains patients, la période suivant la pose du ballon peut être délicate. On observe parfois des cas de vomissements ou un grand sentiment d’inconfort. Il est donc important d’avoir une prise en charge effective pour recueillir et traiter les demandes du patient.
La pose du ballon nécessite le plus souvent un régime alimentaire strict. Par exemple, l’alimentation durant la première semaine après la pose devra être exclusivement liquide. Évidemment, il vaut mieux éviter les sodas, les caféines et les alcools. Les jus frais, les infusions ou les soupes sont plus conseillés.
La semaine suivante, il faudra passer aux aliments mous. Il peut s’agir de purée ou de soupes. Il faudra également manger lentement pour permettre au cerveau et à l’estomac de s’habituer au nouveau compagnon. Dès la troisième semaine, il sera possible de retourner à une alimentation classique en veillant à manger sain et équilibré. En cas de doute, il est toujours possible de faire appel à un diététicien.
Les contre-indications à l’utilisation du ballon gastrique
Bien que le ballon gastrique soit très efficace dans le traitement de l’obésité, il ne convient pas à tout le monde. D’abord, comme évoqué plus haut, il n’est pas particulièrement adapté au traitement de la super obésité. Il peut toutefois représenter une alternative provisoire.
Ensuite, son utilisation est fortement déconseillée pour les personnes ayant des lésions gastriques. Il peut s’agir de cicatrices sur l’abdomen ou de hernie hiatale volumineuse. C’est aussi le cas pour les personnes souffrantes de troubles psychiatriques, de toxicomanie ou d’alcoolisme.
Ce traitement est incompatible avec la prise de certains médicaments comme les anticoagulants ou les anti-inflammatoires. Il en est de même pour les personnes qui souffrent ou qui manifestent des symptômes d’hépatite sévère.
Les risques liés au ballon gastrique
Comme tout traitement, le ballon gastrique présente quelques risques. Les plus importants sont ceux liés au non-respect des contre-indications. Mais de nombreuses observations menées à travers le monde ont montré des conséquences cliniques relativement importantes. Ainsi, il est possible d’observer une perforation gastrique ou une pancréatite aigüe chez certains patients.
La perforation gastrique
C’est l’un des principaux risques liés à l’utilisation du ballon gastrique. Ce sont des trous dans l’estomac qui peuvent être causés par la corrosion. Ils se manifestent généralement par des douleurs abdominales et des nausées. Elles peuvent être traitées après le retrait du ballon. Mais attention, cette information est à prendre avec beaucoup de retenue.
Il n’existe que de rares cas de perforation. En Belgique, les autorités sanitaires n’ont recueilli que très peu de cas. La plupart ont été observés au Canada sur une durée de quelques heures à 22 mois après la pose du ballon.
La perforation œsophagique
La perforation œsophagique est relativement similaire à celle de l’estomac. Ici, les problèmes sont survenus pendant la pose ou le retrait du ballon. Dans un cas ou dans l’autre, le traitement n’est pas très difficile. Cette difficulté est généralement liée à des problèmes plus importants au niveau du tractus gastro-intestinal supérieur. Il est donc particulièrement nécessaire de demander les conseils de son médecin et de suivre les contre-indications avant toute initiative.
La pancréatite aigüe
C’est le dernier risque connu lié à l’utilisation du ballon gastrique. En clair, c’est l’inflammation du pancréas. Elle est provoquée par la pression exercée par le ballon sur l’organe. Bien qu’elle entraîne des douleurs et des vomissements, cette pancréatite n’engage en rien le pronostic vital du patient.
Pour le traiter, il est possible de réduire le sérum physiologique ou simplement de retirer le ballon gastrique. Encore une fois, seulement une dizaine de patients à travers le monde ont été concernés par ce problème. Il ne s’agit donc pas d’un risque à proprement parler, mais il est préférable de le souligner.